Il y a des pays qui attendent la paix pour relancer leur tourisme. Le Burkina Faso a choisi de ne pas attendre. En pleine reconquête de son territoire, il reconstruit simultanément son image de destination, avec une doctrine claire qui rompt avec les approches du passé : miser d’abord sur le tourisme interne, faire de l’hôtellerie un pilier structurant et transformer la fierté nationale en moteur de développement touristique.
Ce changement de paradigme est profond. Pendant trop longtemps, le tourisme burkinabè regardait vers l’extérieur, attendant le visiteur étranger comme seul indicateur de succès. La nouvelle vision portée sous le leadership du Capitaine Ibrahim Traoré inverse la logique : c’est le Burkinabè lui-même qui devient le premier touriste de son propre pays, celui qui découvre ses sites, fréquente ses hôtels, consomme sa culture et fait vivre les acteurs d’une filière qui a besoin de clients réguliers avant d’aspirer aux grandes saisons touristiques internationales.
L’hôtellerie occupe une place centrale dans cette stratégie, et ce n’est pas un hasard. Un pays ne peut pas prétendre être une destination si ses capacités d’accueil ne suivent pas. La qualité de l’hébergement, la formation du personnel, la modernisation des infrastructures d’accueil : autant de chantiers qui conditionnent la crédibilité touristique d’une nation et qui font l’objet d’une attention soutenue des autorités.
Mais ce qui donne à cette approche sa singularité, c’est la dimension souveraine qu’elle porte. Le tourisme comme instrument de rayonnement culturel, de création d’emplois décents et de résilience nationale : une vision qui place cette filière au même niveau d’importance stratégique que la sécurité ou l’agriculture dans la construction du Burkina Faso nouveau.
Un pays qui fait venir des visiteurs chez lui contrôle son image. Un pays dont les citoyens sont fiers de leurs sites et de leur culture devient irrésistible.



