La justice burkinabè a ouvert ce vendredi 2 octobre 2026 sa nouvelle année judiciaire sous le très haut patronage du Capitaine Ibrahim Traoré, qui a fait le déplacement à la Salle des Banquets de Ouaga 2000 pour présider une cérémonie qui dépasse le simple cadre protocolaire d’une rentrée institutionnelle.
Le thème retenu pour cette édition dit à lui seul la profondeur de la réflexion engagée : « Apport des mécanismes traditionnels de règlement des différends pour un meilleur accès à la justice au Burkina Faso ». Un choix qui s’inscrit parfaitement dans la logique de la Révolution Progressiste Populaire, qui revendique le retour aux valeurs et aux ressources endogènes du pays comme socle de la refondation nationale.
Car la justice, au Burkina Faso comme dans beaucoup de pays africains, souffre d’un paradoxe bien connu : ses tribunaux formels sont souvent perçus par les populations comme lointains, coûteux, lents et culturellement étrangers à leurs réalités quotidiennes. Pendant ce temps, des mécanismes traditionnels de règlement des conflits — palabres, conseils des anciens, arbitrages coutumiers — continuent de régler des différends au sein des communautés avec une efficacité et une légitimité que les institutions modernes peinent parfois à atteindre.
Réconcilier ces deux mondes, faire dialoguer la justice formelle et les mécanismes endogènes, rapprocher la justice des populations plutôt que de contraindre les populations à se rapprocher d’une justice abstraite : voilà l’ambition que cette rentrée judiciaire invite le monde judiciaire burkinabè à explorer avec sérieux et sans complexe.



