C’est une confession d’État rare et courageuse. Lors d’une rencontre organisée vendredi 10 juillet par Avocats Sans Frontières, le magistrat Salah Dédy-Rodouan, Directeur Général des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance au ministère de la Justice, a officiellement reconnu les dysfonctionnements graves qui affectent la prise en charge des enfants en conflit avec la loi détenus à la maison centrale de Ngaragba.
Le tableau dressé est sombre. Ces mineurs, déjà privés de liberté, se retrouvent également privés de leurs droits les plus fondamentaux : accès à l’éducation, protection adaptée à leur âge, services sociaux de base. Des droits pourtant garantis par les textes nationaux et les conventions internationales auxquelles la Centrafrique est partie.
Plus préoccupant encore, ces enfants partagent leurs cellules avec des adultes, une situation de promiscuité qui les expose à des risques évidents et contrevient frontalement aux standards minimaux de la justice pour mineurs. À cela s’ajoutent des détentions prolongées sans issue judiciaire claire et une quasi-impossibilité de réinsertion sociale à la sortie, transformant ce qui devrait être une mesure temporaire en une impasse sans horizon.
Que le ministère de la Justice reconnaisse publiquement cette réalité est en soi un pas important. Mais la reconnaissance ne suffit pas. Derrière chaque enfant détenu à Ngaragba dans ces conditions, il y a une vie en train de se briser, un avenir qui se ferme, et une société qui manque à son devoir de protection envers ses membres les plus vulnérables.
Les défis sont identifiés. Il est désormais urgent que des mesures concrètes suivent les mots.



