Rapport sur la traite des êtres humains : Washington remplace « gouvernement du Soudan » par « gouvernement affilié aux forces armées »

Soudan

Dans son rapport annuel 2026 sur la traite des êtres humains, le département d’État américain a désigné l’autorité en place à Port-Soudan comme le « gouvernement affilié aux forces armées soudanaises », remplaçant ainsi l’appellation « gouvernement du Soudan » utilisée dans le rapport de l’année précédente.

Ce changement de terminologie s’étend également à la qualification du chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan : le nouveau rapport le présente comme le chef effectif du gouvernement affilié aux forces armées, alors que le rapport de 2025 le décrivait comme le dirigeant effectif de l’État.

Le département d’État a maintenu le Soudan au « niveau 3 » — le classement le plus bas du rapport — estimant que le gouvernement affilié aux forces armées ne respecte pas les normes minimales de lutte contre la traite des êtres humains et ne déploie pas d’efforts tangibles pour y mettre fin.

Le rapport accuse l’armée soudanaise, les Forces de soutien rapide (FSR) et d’autres parties au conflit de recruter et d’utiliser illégalement des enfants, y compris par le biais de recrutements forcés, soulignant la persistance de ces pratiques depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023.

Il indique que les autorités n’ont signalé aucune nouvelle enquête sur des crimes liés à la traite des êtres humains ni aucune poursuite contre des suspects au cours de la période couverte par le rapport, et qu’aucune condamnation n’a été enregistrée pour la troisième année consécutive.

Il ajoute que les autorités n’ont fait état d’aucune identification ni assistance apportée à des victimes de la traite, alors que 83 victimes potentielles avaient été identifiées lors de la période précédente ; par ailleurs, les deux centres d’accueil gouvernementaux sont restés fermés. Le rapport a souligné que la guerre a aggravé les risques d’esclavage sexuel, de travail forcé et de recrutement d’enfants, dans un contexte de lacunes concernant la protection des victimes et l’obligation de rendre des comptes pour les auteurs de violations.

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